Publié le: 2 octobre 2020

Un visage contrasté

VOTATIONS – Un «non» retentissant à l’«initiative de limitation», un «oui» très mince aux nouveaux avions de chasse, un «oui» à l’extension du social et un «non» à l’allègement du fardeau fiscal des familles: le vote du 27 septembre nous offre…

L’usam salue le rejet net de l’«initiative de résiliation» (IL). Et rappelle que la libre-circulation permet aux entreprises de dénicher des travailleurs qualifiés dans l’UE de manière souple et non bureaucratique. C’est particulièrement important pour les PME qui jouent leur survie en ce moment, et dont l’activité stabilise toute l’économie et son marché du travail.

Après ce «non», on en reviendra à la discussion de l’accord-cadre institutionnel (InstA) – qui promet d’être plus intense que pour l’IL. L’UE et ses alliés en Suisse font déjà monter la pression, comme les partenaires sociaux. Une majorité du reste rejette l’actuel accord et demande une «discussion sur le contenu» avec le Conseil fédéral. Un groupe comprenant les Vert’libéraux fait pression pour aller vite.

A Berne, le désaccord porte sur la question de savoir si l’accord-cadre est «cliniquement mort», s’il a «jamais vécu», selon les mots du président du PDC Gerhard Pfister. Ou s’il faut attendre un geste de l’UE en faveur de la Suisse qui s’est à clairement exprimée en faveur de bonnes relations avec ses grands voisins et ne mérite pas d’être punie. Une chose est assurée: l’accord-cadre devra également être soumis à un vote en Suisse – et ses partisans auront encore un long chemin à parcourir avant de convaincre.

Plus de sécurité: c’est gagné!

La ministre de la défense Viola Amherd a elle aussi du pain sur sa planche avant que les nouveaux avions de combat ne décollent. Déjà, le GSSA, ses alliés du PS et les Verts soupèsent une nouvelle arme anti-aérienne, une initiative populaire contre le type d’avion.

En face, l’usam ne cessera de répéter toute «l’importance névralgique» d’une défense nationale efficace, dont «la police aérienne et la défense aérienne font partie intégrante». Et elle soulignera les grandes opportunités que les contrats de compensation offrent aux PME. Quant au choix de l’avion, il relève bien de la compétence du Conseil fédéral.

Extension du social: hélas!

Après le oui clair à un congé de paternité de deux semaines, la gauche se réjouit et exige – y compris les Libéraux verts – désormais un «congé parental». Le trend du renforcement de l’Etat-providence semble bien ancré.

Pour sa part, l’usam souligne que nous n’avons vraiment plus les moyens de fournir des prestations sociales plus élevées. Au lieu de cela, «les assurances sociales existantes (prévoyance) doivent être restructurées de toute urgence. Et avec prudence! S’agissant du deuxième pilier, les suppléments de pension financés par des pourcentages salariaux ne tiennent pas la rampe.

Imposition individuelle: oui!

Et enfin, après le «non» à des déductions plus élevées pour les frais de garde, l’usam demande au Conseil fédéral de proposer «des solutions rapides pour l’introduction de l’imposition individuelle». Hans-Ulrich Bigler, directeur de l’usam, exige que l’on allège le fardeau des familles de la classe moyenne – en particulier après ce résultat décevant (lire en p. 2).

Par la petite porte: non!

Une grosse surprise s’est produite à Genève (lire ci-contre): c’est l’introduction d’un salaire minimum de 23 francs – malgré le rejet clair du peuple suisse en 2014. Il s’agit d’un salaire record au niveau international, qui s’appliquera également aux travailleurs sans papiers! Neuchâtel et le Jura ont déjà introduit des salaires minimums cantonaux. Au Tessin, des recours sont en cours. A Bâle, la question est en discussion et en ville de Zurich, des signatures sont ramassées. Cette extension du social continuera donc à préoccuper très sérieusement l’usam.

En/JAM

www.usam-usam.ch

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