Ne dépassez pas la dose prescrite!
fiscalitĂ© â Le Conseil fĂ©dĂ©ral va plus loin que la motion Schmid en matiĂšre de numĂ©risation de la fiscalitĂ© en essayant dâaccĂ©lĂ©rer le processus de numĂ©risation en cours. Toutefois, cela ne doit pas servir de prĂ©texte Ă une rĂ©glementation excessive.
Le Conseil fĂ©dĂ©ral propose actuellement en consultation un projet de loi fĂ©dĂ©rale sur les procĂ©dures Ă©lectroniques en matiĂšre dâimpĂŽts. Il rĂ©pond Ă la motion 17.3371 «LevĂ©e de lâobligation de signer la dĂ©claration dâimpĂŽt» du conseiller aux Etats Martin Schmid (PLR/GR) et Ă lâobjectif de numĂ©risation dans le domaine fiscal.
Le Conseil fĂ©dĂ©ral va donc plus (et peut-ĂȘtre trop) loin que le but de la motion en voulant adapter et crĂ©er les bases lĂ©gales afin dâaccĂ©lĂ©rer le processus de numĂ©risation actuellement en cours. Autrement dit, pour le Conseil fĂ©dĂ©ral, il doit ĂȘtre possible de «contraindre les contribuables Ă communiquer Ă lâAFC par voie Ă©lectronique et Ă utiliser Ă cet effet des portails dĂ©terminĂ©s».
EntiÚrement électronique
Aujourdâhui, dans de nombreux cantons, les dĂ©clarations dâimpĂŽt peuvent ĂȘtre remplies directement en ligne ou transmises Ă©lectroniquement Ă lâAdministration fĂ©dĂ©rale des contributions (AFC). Lâenvoi Ă©lectronique des piĂšces justificatives se rĂ©pand Ă©galement. Cependant, lâobligation de signer encore Ă la main la dĂ©claration fiscale ou la demande de remboursement de lâimpĂŽt anticipĂ© desservent ce progrĂšs. Une incohĂ©rence qui crĂ©e de la surcharge administrative. En effet, malgrĂ© la transmission de la dĂ©claration fiscale par voie Ă©lectronique, le contribuable se retrouve Ă envoyer une version par voie Ă©lectronique et une autre signĂ©e Ă la main. La motion en question demande au Conseil fĂ©dĂ©ral de modifier la loi fĂ©dĂ©rale sur lâimpĂŽt fĂ©dĂ©ral direct (LIFD), la loi fĂ©dĂ©rale sur lâharmonisation des impĂŽts directs des cantons et des communes (LHID) et la loi fĂ©dĂ©rale sur lâimpĂŽt anticipĂ© (LIA) de telle sorte que les dĂ©clarations dâimpĂŽt et les demandes de remboursement de lâimpĂŽt anticipĂ© ne doivent plus ĂȘtre signĂ©es. La signature Ă©lectronique permettrait de simplifier la procĂ©dure.
Projet plus ambitieux
Le projet du Conseil fĂ©dĂ©ral est plus ambitieux, puisque lâAFC entend pouvoir envoyer et recevoir toutes les donnĂ©es nĂ©cessaires en ligne. Oui trĂšs bien pour le progrĂšs technologique, mais, quâen est-il de la contrainte de lâAFC sur les contribuables (personnes physiques et personnes morales), de la garantie de la conservation des preuves et des questions de responsabilitĂ©? Peu, voir pas de rĂ©ponses Ă ces questions. En ce qui concerne la garantie de la conservation des preuves, rien nâest dit dans le rapport explicatif ni dans le projet de lois. Et, en ce qui concerne les questions de responsabilitĂ©, la responsabilitĂ© du contribuable est abordĂ©e, mais pas celle des administrations fiscales.
ProgrÚs ou surréglementation?
Le Conseil fĂ©dĂ©ral entend numĂ©riser tout le processus liĂ© Ă lâenvoi et Ă la rĂ©ception de donnĂ©es nĂ©cessaires Ă lâAFC. Les bases lĂ©gales requises impliquent la modification de nombreuses lois fĂ©dĂ©rales (impĂŽt anticipĂ©, droits de timbre, assistance administrative internationale en matiĂšre fiscale, Ă©change international automatique de renseignements en matiĂšre fiscale, Ă©change internaÂtional automatique des dĂ©clarations pays par pays des groupes dâentreprises multinationales).
La numĂ©risation dans le domaine fiscal doit ĂȘtre un progrĂšs. Elle ne doit en aucun cas ĂȘtre une contrainte pour les entreprises et les cantons, un prĂ©texte de demandes de donnĂ©es supplĂ©mentaires ou de charges financiĂšres auprĂšs des contribuables.
La motion 17.3371 rĂ©pond Ă une logique dâadaptation de la lĂ©gislation aux usages actuels. Le projet du Conseil fĂ©dĂ©ral va plus loin et ne dit pas grand-chose sur la garantie de la conservation des preuves ni encore sur les questions de responsabilitĂ©s. La Commission de lâĂ©conomie et des redevances du National (CER-N) avait demandĂ© que ses rĂ©serves soient prises en compte et approfondies.
Alexa Krattinger, usam
