Le travail en mode «fleximax»
rh â FlexibilitĂ© et partenariat social caractĂ©risent un marchĂ© du travail libĂ©ral. Avec cette vision des choses et un livre blanc, swissstaffing roule vers lâavenir.
Le marchĂ© du travail suisse fonctionne. Mais il se retrouve actuellement sous pression. Les mots-clĂ©s: flexibilitĂ© et partenariat social. Câest ce qui en fait un modĂšle Ă succĂšs âun modĂšle qui perd confiance en soi dans la pratique actuelle.
«Nous soutenons lâembauche de personnel dans le cadre de la CCT, confirme Robin Gordon, nĂ©gociateur en chef de swissstaffing, lâassociation des prestataires de services de personnel. Cependant, les efforts tendant vers une restriction mâinquiĂštent profondĂ©ment.»
EnquĂȘte en profondeur
Il entend par là les initiatives politiques des organisations de travailleurs telles que les projets de salaires minimums cantonaux, une protection renforcée contre le licenciement et des restrictions sur le travail temporaire.
«De nombreux membres me demandent dans quelle mesure la CCT est encore le fruit dâun vĂ©ritable partenariat et pourquoi continuer.» Avec leur approche, les organisations de travailleurs tentent de forcer des positions de nĂ©gociation non atteintes. Ce faisant, elles remettent en question le partenariat social qui est vĂ©cu dans la pratique. Cela met en pĂ©ril le marchĂ© du travail libĂ©ral et donc la compĂ©titivitĂ© de la Suisse.
Comme le marchĂ© du travail libĂ©ral en Suisse nâest pratiquement jamais dĂ©fini avec prĂ©cision, lâassociation swissstaffing a comblĂ© cette lacune en rĂ©alisant une enquĂȘte auprĂšs de prĂšs de 700 responsables des ressources humaines en Suisse. Le rĂ©sultat de lâenquĂȘte (menĂ©e par lâinstitut de recherche GFS Zurich) peut ĂȘtre rĂ©sumĂ© en une phrase: la flexibilitĂ© et un partenariat social qui fonctionne sont les caractĂ©Âristiques centrales du marchĂ© du travail libĂ©ral.
Le livre blanc de swissstaffing, issu de lâenquĂȘte, montre comment la flexibilitĂ© conduit Ă de bons rĂ©sultats sur le marchĂ© du travail et comment les efforts concrets pour restreindre le marchĂ© du travail libĂ©ral le mettent en danger. «La flexibilitĂ© est un grand besoin aujourdâhui, tant pour les employeurs que pour les employĂ©s», a lancĂ© Leif AgnĂ©us, prĂ©sident de swissstaffing, lors de la ConfĂ©rence dâhiver de lâusam Ă Klosters.
Les flexworkers montent en force
Dans une interview sur scĂšne avec Dieter KlĂ€y, responsable du dossier du marchĂ© du travail Ă lâusam, AgnĂ©us a Ă©galement expliquĂ© Ă quoi ressemblera le marchĂ© du travail de lâavenir. Il est convaincu que la numĂ©risation et la flexibilisation façonnent le marchĂ© du travail de lâavenir. «Nous sommes engagĂ©s dans le partenariat social. Il sâagit dâune base importante pour le marchĂ© du travail libĂ©ral», a-t-il indiquĂ©.
La moitiĂ© des employĂ©s â au Tessin, mĂȘme 60% â souhaitent travailler de maniĂšre plus flexible. Pour Myra Fischer-Rosinger, directrice de swissstaffing, le rĂ©sultat de lâenquĂȘte reprĂ©sentative de la population active ne permet quâune seule conclusion: «Ces flexworkers ne se sentent pas liĂ©s aux organisations de salariĂ©s existantes et leurs intĂ©rĂȘts ne sont donc pas inclus dans le partenariat social. A lâavenir, les partenaires sociaux doivent donc trouver des moyens de revenir Ă une reprĂ©sentation reprĂ©sentative des intĂ©rĂȘts des salariĂ©s.»
Initiatives cantonales: danger
Mais le diable peut aussi ĂȘtre dans les dĂ©tails, comme lâa expliquĂ© Leif AgnĂ©us dans son regard sur lâavenir. Ainsi, a-t-il dit, il faut non seulement prendre en compte les grandes questions de la politique du marchĂ© du travail, mais aussi des mesures apparemment modestes. Des rĂ©glementations prĂ©tendument mineures au niveau cantonal, par exemple, recĂšlent un grave danger.
«Pris dans leur ensemble, les cas individuels qui semblent sensĂ©s en eux-mĂȘmes ont le potentiel dâĂ©roder progressivement le marchĂ© du travail libĂ©ral. Le prĂ©sident suisse a exprimĂ© sa confiance dans lâavenir malgrĂ© la situation du partenariat social. La situation est bien moins sombre, surtout en ce qui concerne les salariĂ©s plus ĂągĂ©s, que le tableau qui en est souvent brossĂ©. «Une personne ĂągĂ©e a les mĂȘmes chances de retrouver un emploi si elle nous contacte immĂ©diatement», a-t-il prĂ©cisĂ©.
Enfin, swissstaffing est également optimiste sur le livre blanc, malgré les dangers imminents : «Si la Suisse poursuit sa politique prudente, il y a de bonnes chances que les piliers de soutien du marché du travail libéral soient préservés: la flexibilité et le partenariat social.»
Adrian Uhlmann
