Dégradation marginale de la situation
conjoncture â Dans lâindustrie, le baromĂštre augmente un peu en juillet. Tandis que les PME se situaient lĂ©gĂšrement en dessous de la moyenne, les grandes entreprises ont rĂ©ussi Ă se maintenir. Les PME de services ont bĂ©nĂ©ficiĂ© dâune petite amĂ©lioration.
Le baromĂštre des petites et moyennes entreprises (PME) sâest de nouveau lĂ©gĂšrement amĂ©liorĂ© en juillet par rapport Ă juin, passant de -0,32 Ă -0,23 point. Les rĂ©ceptions de commandes ainsi que les prĂ©visions plus pessimistes des entreprises ont certes pesĂ© sur le niveau de production futur. Mais lâĂ©valuation de la situation des affaires et du volume de commandes provenant de lâĂ©tranger sâest lĂ©gĂšrement amĂ©liorĂ©e et le niveau de production a quelque peu augmentĂ©. Le baromĂštre des grandes entreprises a lui aussi augmentĂ© de -0,14 point en juin Ă 0,15 point en juillet. Cette valeur dĂ©passait la moyenne Ă long terme. La progression des rĂ©ceptions de commandes et la meilleure Ă©valuation de la situation des affaires ont eu un effet favorable. Le niveau de production plus faible a toutefois empĂȘchĂ© une amĂ©lioration plus importante du baromĂštre.
Baisse du portefeuille des âšcommandes dans le bĂątiment
Dans le bĂątiment, le volume des commandes a enregistrĂ© une baisse par rapport au trimestre prĂ©cĂ©dent pour toutes les tailles dâentreprises. Cette baisse a Ă©tĂ© particuliĂšrement marquĂ©e pour les PME. Bien que les entreprises continuent dâĂ©valuer favorablement la situation des affaires, la dynamique sâest affaiblie surtout pour les PME du bĂątiment. En revanche, elle sâest stabilisĂ©e ces derniers mois Ă un niveau un peu plus bas pour les grandes entreprises. Le ralentissement de la dynamique sâest fait aussi sentir au niveau des bĂ©nĂ©fices. Sachant que les grandes entreprises Ă©taient Ă©galement dans une situation plus confortable que les PME pour cet indicateur. Alors que les PME se basent sur une tendance Ă la stabilisation des prix et que la situation de leurs bĂ©nĂ©fices pourrait par consĂ©quent se dĂ©tendre quelque peu, les grandes entreprises continuent de tabler sur une baisse des prix dâici la fin de lâannĂ©e.
La situation est un peu meilleure pour les bureaux dâarchitectes et dâingĂ©nieurs, dont la marche des affaires sâest stabilisĂ©e Ă un niveau un peu plus bas. Cette situation Ă©conomique toujours confortable des entreprises ne se reflĂšte toutefois que partiellement dans les autres indicateurs. Ainsi, le taux dâoccupation des grandes entreprises a âšdiminuĂ© quelque peu ces derniers mois et les prĂ©visions des entreprises sont nĂ©gatives en termes dâĂ©volution des prix.
Amélioration dans les services
Les prestataires de services Ă©valuent toujours favorablement leur situation des affaires. Alors quâelle sâest stabilisĂ©e pour les grandes entreprises, elle sâest mĂȘme de nouveau lĂ©gĂšrement amĂ©liorĂ©e pour les PME durant le troisiĂšme trimestre. Cette progression enregistrĂ©e par les PME pourrait aussi ĂȘtre notamment due Ă leur meilleure situation bĂ©nĂ©ficiaire. La situation bĂ©nĂ©ficiaire des PME sâest stabilisĂ©e au niveau du trimestre prĂ©cĂ©dent alors que les bĂ©nĂ©fices des grandes entreprises ont diminuĂ© pendant la mĂȘme pĂ©riode. Les prix continuent par contre de baisser. Les entreprises des deux catĂ©gories ne prĂ©voient pas encore de renversement de tendance pour cet indicateur. Nous nous attendons Ă©galement Ă ce que lâinflation reste cette annĂ©e dans la plage nĂ©gative au niveau de -0,3%.
La situation des affaires pour les commerçants de dĂ©tail sâest de nouveau dĂ©gradĂ©e ces derniers mois. Ce sont surtout les PME qui ont souffert des conditions Ă©conomiques actuelles, marquĂ©es par le franc fort et une dynamique ralentie, et ont Ă©valuĂ© la situation Ă©conomique comme Ă©tant plus dĂ©favorable quâaprĂšs la levĂ©e du cours plancher. La situation dĂ©favorable sâest surtout traduite au niveau des bĂ©nĂ©fices qui ont nettement diminuĂ© pour tous les groupes dâentreprises durant le troisiĂšme trimestre. Les PME restent aussi pessimistes pour le deuxiĂšme semestre et sâattendent Ă une baisse du chiffre dâaffaires alors que les grandes entreprises anticipent un volume dâaffaires stable. Comme pour les branches des services, les dĂ©taillants tablent sur une baisse des prix quelle que soit la taille de lâentreprise. Cette tendance sâest encore renforcĂ©e en juillet pour les grandes entreprises.
Les entreprises du tourisme nâentrevoient encore aucune lumiĂšre au bout du tunnel. IndĂ©pendamment de la taille de lâentreprise, les chiffres dâaffaires tout comme les revenus ont diminuĂ© durant le troisiĂšme trimestre. La situation des affaires sâest de nouveau dĂ©gradĂ©e alors que les entreprises la jugeaient encore bonne au premier trimestre. UBS
COMMENTAIRE, par Henrique schneider
Mouvement de crabe
LatĂ©ralement: câest ainsi, tel le crabe, que lâĂ©conomie suisse Ă©volue â comme la plupart des Ă©conomies au monde qui se trouvent dans le mĂȘme panier. Les attentes sur les PME suisses correspondent donc Ă cette situation : ni vers le haut, ni vers le bas, rien ne bouge.
Cet Ă©tat comporte ses piĂšges. Si cette situation de mouvement latĂ©ral est positive, elle se maintiendra. Elle ne bougera pas non plus si elle est nĂ©gative. Les attentes des PME en Suisse montrent actuellement que ce mouvement latĂ©ral est perçu positivement par les services et nĂ©gativement par lâindustrie.
DĂ©jĂ , les Ă©conomistes donnent de la voix. Attention, le mouvement du crabe est le plus dangereux. En phase de boom, tout le monde se rĂ©jouit. Mais si lâĂ©conomie ralentit, cela comporte aussi des avantages: modĂ©ration des prix, activation des investissements pour lâavenir, plus de compĂ©tition sur les idĂ©es.
Toutefois, fausser le mouvement latĂ©ral ne conduit pas Ă de nouveaux investissements ni Ă une hausse de productivitĂ©. Quand le mouvement de crabe est perçu nĂ©gativement, la base entrepreneuriale dâun pays ou dâun secteur sâĂ©rode, sans quâon sâen aperçoive.
Que faire contre ce mouvement latĂ©ral ? La rĂ©ponse ne vous surprendra pas. Il faut amĂ©liorer les conditionsÂcadres. Il faut, eh oui, diminuer les coĂ»ts de la rĂ©glementation. Il faut, câest certain, investir dans la formation professionnelle. Une seule question demeure. Si les mesures sont aussi simples, pourquoi ne pas les mettre en pratique?
Etrange que personne nâait la âšrĂ©ponse. (SC)
