Publié le: 8 novembre 2019

Des liens tissés de la Suisse au Pérou

sur le terrain – Le fondateur et CEO de Soleol, Jean-Louis Guillet Ganoza est aussi binational et actif professionnellement dans ce pays. Il est Ă  l’origine du Swiss Peruvian Cluster (SPC) dont le but est d’offrir un contact privilĂ©giĂ© avec des dĂ©cideurs de chaque entreprise afin d’accĂ©lĂ©rer les relations et les affaires.

Nous avons rĂ©cemment parlĂ© de Jean-Louis Guillet, fondateur de Soleol qui se diversifie dans un contracting solaire – qui fleurit en Suisse romande (lire JAM 09). Or il se trouve que le Staviacois est aussi trĂšs actif au PĂ©rou. Binational suisse et pĂ©ruvien, il connaĂźt ce pays dans ses moindres recoins. Il est Ă©galement Ă  l’origine de la crĂ©ation du Swiss Peruvian Cluster (SPC) – un rĂ©seau qui tisse des liens entre les entrepreneurs des deux pays. Interview.

Journal des arts et mĂ©tiers: Quelles sont les domaines dans lesquels les PME suisses et pĂ©ruviennes peuvent s’entendre?

Jean-Louis Guillet: Nous avons quatre segments importants: le textile, la gastronomie, le tourisme et l’agriculture. Sachez Ă©gale­ment qu’au niveau gastronomique, le PĂ©rou est sorti premier durant six annĂ©es consĂ©cutives au classement de la meilleure cuisine au monde. Vous connaissez le fameux «ceviche»?

Comment caractĂ©riseriez-vous l’économie pĂ©ruvienne et ses perspectives Ă  moyen terme?

Les perspectives sont bonnes, car depuis plus de dix ans, la croissance est Ă  deux chiffres. Actuellement, le pays caracole en tĂȘte aprĂšs la Colombie, le Mexique et le Chili.

Du point de vue des conditions-cadres, Ă  quoi les exportateurs et les importateurs suisses doivent-ils faire attention ?

Aux taxes et impĂŽts sur les produits importĂ©s! Il y a bien une rĂ©glementation, mais elle est trĂšs compliquĂ©e et procĂ©duriĂšre. En gĂ©nĂ©ral, il faut travailler avec un agent de douane sur place: c’est une profession reconnue au PĂ©rou. Enfin, connaĂźtre quelqu’un sur place est un atout majeur!

Quelques points pratiques, usages à respecter quand on est en contact avec des entreprises péruviennes?

Le plus sĂ»r est d’abord de prendre contact avec la Chambre de commerce suisse au PĂ©rou qui saura donner les informations nĂ©cessaires sur la crĂ©dibilitĂ© de la sociĂ©tĂ© avec laquelle on souhaite commercer.

Et peut-ĂȘtre un mot sur le Swiss Peruvian Cluster que vous avez créé? Que devient-il?

Le SPC est toujours actif. Je l’ai créé avec l’ancien ambassadeur du PĂ©rou en Suisse, Monsieur Luis Chuquihuara, afin de guider les PME suisses Ă  s’implanter au PĂ©rou ou commercer avec des entreprises. Ce rĂ©seau est un complĂ©ment Ă  la Chambre de commerce suisse au PĂ©rou. TrĂšs rĂ©actif, peu procĂ©durier, car c’est ce que les entrepreneurs souhaitent.

Comment faciliter la vie des PME suisses au Pérou?

Actuellement nous cherchons Ă  collaborer avec le PĂ©rou au niveau de l’outsourcing administratif et au niveau technique. Ma sociĂ©tĂ© Soleol le fait dĂ©jĂ  en outsourçant des compĂ©tences marketing, administratives et dans l’engineering. Et cela depuis plus de quatre ans. Au PĂ©rou, il y a de trĂšs bonnes compĂ©tences universitaires et beaucoup d’étudiants parlent le français et/ou l’anglais. Plus 30 000 Ă©tudiants sortent des universitĂ©s pĂ©ruviennes chaque annĂ©e et se retrouvent sans emplois. Pour les personnes intĂ©ressĂ©es, nous avons rĂ©alisĂ© une Ă©tude sur ce segment. Ceci peut ĂȘtre trĂšs intĂ©ressant pour les PME suisses qui n’ont pas les ressources financiĂšres car le rapport d’économie est de un Ă  dix!

Le SPC est-il actif en Suisse?

Nous participons cette annĂ©e au Comptoir broyard (du 15 au 24.11, ndlr) comme hĂŽte d’honneur «Le PĂ©rou», en collaboration avec l’Ambassade du PĂ©rou en Suisse. J’ai fait venir six entrepreneurs pĂ©ruviens qui ont leur nĂ©goce en suisse et deux venus directement pour proposer les produits dans les segments suivants: textile, gastronomie, tourisme et alimentaire. Le jour de l’inauguration, un menu pĂ©ruvien est concoctĂ© par CĂ©dric BĂ©guin, du restaurant de MĂ©ziĂšre (FR), Ă©paulĂ© par le cuisinier de l’ambassade du PĂ©rou. De plus, le restaurant Les Lacustres proposera durant la durĂ©e du comptoir un menu pĂ©ruvien. Des crus locaux seront Ă©galement servis.

Interview:

François Othenin-Girard

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