Des liens tissés de la Suisse au Pérou
sur le terrain â Le fondateur et CEO de Soleol, Jean-Louis Guillet Ganoza est aussi binational et actif professionnellement dans ce pays. Il est Ă lâorigine du Swiss Peruvian Cluster (SPC) dont le but est dâoffrir un contact privilĂ©giĂ© avec des dĂ©cideurs de chaque entreprise afin dâaccĂ©lĂ©rer les relations et les affaires.
Nous avons rĂ©cemment parlĂ© de Jean-Louis Guillet, fondateur de Soleol qui se diversifie dans un contracting solaire â qui fleurit en Suisse romande (lire JAM 09). Or il se trouve que le Staviacois est aussi trĂšs actif au PĂ©rou. Binational suisse et pĂ©ruvien, il connaĂźt ce pays dans ses moindres recoins. Il est Ă©galement Ă lâorigine de la crĂ©ation du Swiss Peruvian Cluster (SPC) â un rĂ©seau qui tisse des liens entre les entrepreneurs des deux pays. Interview.
Journal des arts et mĂ©tiers: Quelles sont les domaines dans lesquels les PME suisses et pĂ©ruviennes peuvent sâentendre?
Jean-Louis Guillet: Nous avons quatre segments importants: le textile, la gastronomie, le tourisme et lâagriculture. Sachez Ă©galeÂment quâau niveau gastronomique, le PĂ©rou est sorti premier durant six annĂ©es consĂ©cutives au classement de la meilleure cuisine au monde. Vous connaissez le fameux «ceviche»?
Comment caractĂ©riseriez-vous lâĂ©conomie pĂ©ruvienne et ses perspectives Ă moyen terme?
Les perspectives sont bonnes, car depuis plus de dix ans, la croissance est Ă deux chiffres. Actuellement, le pays caracole en tĂȘte aprĂšs la Colombie, le Mexique et le Chili.
Du point de vue des conditions-cadres, Ă quoi les exportateurs et les importateurs suisses doivent-ils faire attention ?
Aux taxes et impĂŽts sur les produits importĂ©s! Il y a bien une rĂ©glementation, mais elle est trĂšs compliquĂ©e et procĂ©duriĂšre. En gĂ©nĂ©ral, il faut travailler avec un agent de douane sur place: câest une profession reconnue au PĂ©rou. Enfin, connaĂźtre quelquâun sur place est un atout majeur!
Quelques points pratiques, usages à respecter quand on est en contact avec des entreprises péruviennes?
Le plus sĂ»r est dâabord de prendre contact avec la Chambre de commerce suisse au PĂ©rou qui saura donner les informations nĂ©cessaires sur la crĂ©dibilitĂ© de la sociĂ©tĂ© avec laquelle on souhaite commercer.
Et peut-ĂȘtre un mot sur le Swiss Peruvian Cluster que vous avez créé? Que devient-il?
Le SPC est toujours actif. Je lâai créé avec lâancien ambassadeur du PĂ©rou en Suisse, Monsieur Luis Chuquihuara, afin de guider les PME suisses Ă sâimplanter au PĂ©rou ou commercer avec des entreprises. Ce rĂ©seau est un complĂ©ment Ă la Chambre de commerce suisse au PĂ©rou. TrĂšs rĂ©actif, peu procĂ©durier, car câest ce que les entrepreneurs souhaitent.
Comment faciliter la vie des PME suisses au Pérou?
Actuellement nous cherchons Ă collaborer avec le PĂ©rou au niveau de lâoutsourcing administratif et au niveau technique. Ma sociĂ©tĂ© Soleol le fait dĂ©jĂ en outsourçant des compĂ©tences marketing, administratives et dans lâengineering. Et cela depuis plus de quatre ans. Au PĂ©rou, il y a de trĂšs bonnes compĂ©tences universitaires et beaucoup dâĂ©tudiants parlent le français et/ou lâanglais. Plus 30â000 Ă©tudiants sortent des universitĂ©s pĂ©ruviennes chaque annĂ©e et se retrouvent sans emplois. Pour les personnes intĂ©ressĂ©es, nous avons rĂ©alisĂ© une Ă©tude sur ce segment. Ceci peut ĂȘtre trĂšs intĂ©ressant pour les PME suisses qui nâont pas les ressources financiĂšres car le rapport dâĂ©conomie est de un Ă dix!
Le SPC est-il actif en Suisse?
Nous participons cette annĂ©e au Comptoir broyard (du 15 au 24.11, ndlr) comme hĂŽte dâhonneur «Le PĂ©rou», en collaboration avec lâAmbassade du PĂ©rou en Suisse. Jâai fait venir six entrepreneurs pĂ©ruviens qui ont leur nĂ©goce en suisse et deux venus directement pour proposer les produits dans les segments suivants: textile, gastronomie, tourisme et alimentaire. Le jour de lâinauguration, un menu pĂ©ruvien est concoctĂ© par CĂ©dric BĂ©guin, du restaurant de MĂ©ziĂšre (FR), Ă©paulĂ© par le cuisinier de lâambassade du PĂ©rou. De plus, le restaurant Les Lacustres proposera durant la durĂ©e du comptoir un menu pĂ©ruvien. Des crus locaux seront Ă©galement servis.
Interview:
François Othenin-Girard
