Cyber-attaques, poser ses défenses
SĂ©curitĂ© â Dans lâĂ©tude «Facteurs de succĂšs pour PME suisses 2016», publiĂ©e par Credit Suisse, les auteurs interrogent quatre chefs dâentreprise. Sur trois questions, nous publions les rĂ©ponses de lâun dâeux, Beat Meier, CEO de Fast Recognition AG.
Beat Meier est CEO et prĂ©sident du Conseil dâadministration de FAST Recognition AG. Entrepreneur chevronnĂ©, il a fondĂ© cette sociĂ©tĂ© spĂ©cialisĂ©e dans les solutions de surveillance en temps rĂ©el en janvier 2016. Il a suivi des Ă©tudes dâinformatique et de gĂ©nie Ă©lectrique en Suisse et aux Etats- Unis et est titulaire dâun Master of Science. Les question ont Ă©tĂ© posĂ©es par Olivier Adler, responsable Economic Research, et Patricia Feubli, Senior Economist Swiss Industry Research.
Vous dites que dans le domaine de la transition numĂ©rique, beaucoup de choses ont dĂ©jĂ Ă©tĂ© faites. Pensez-vous que le processus va continuer de sâaccĂ©lĂ©rer ou quâil va ralentir?
n Beat Meier: Je suis convaincu que la transition numĂ©rique va se faire bien plus vite que beaucoup le pensent. Par exemple, dans le milieu des services de renseignement, on observe une incroyable dynamique de numĂ©risation et de mise en rĂ©seau. Depuis le 11 septembre 2001, les choses vont encore bien plus vite dans ce domaine-lĂ que dans lâĂ©conomie.
A quel point les réseaux et le cloud sont-ils vulnérables aux pannes et au piratage?
n Il existe des mesures de sĂ©curitĂ© de base assez simples. Il ne faut pas crĂ©er de bases de donnĂ©es redondantes. Les donnĂ©es doivent ĂȘtre chiffrĂ©es pendant toute leur durĂ©e de vie. LâaccĂšs doit pouvoir se faire via Intranet/VPN uniquement. Il faut veiller Ă ce quâaucun appareil Ă©tranger, comme des clĂ©s USB ou des disques durs, ne puisse ĂȘtre connectĂ© aux postes clients.
Par ailleurs, le systĂšme doit autoriser un audit indĂ©pendant qui examinerait tous les accĂšs aux donnĂ©es pour les attribuer aux utilisateurs. Si on y associe en outre une bonne surveillance, on dispose des moyens dâalerte quâil faut pour «couper le courant» Ă temps. Donc, la crainte des attaques est justifiĂ©e, mais il existe des moyens de limiter trĂšs fortement les risques. Si un intrus parvenait malgrĂ© tout Ă accĂ©der aux donnĂ©es, celles-ci seraient en fait inexploitables, car chiffrĂ©es. Mais la sĂ©curitĂ© absolue nâexiste pas.
«Si un intrus parvenait malgré tout à accéder aux données, celles-ci seraient en fait inexploitables.»
Parlons de vos employĂ©s. Les processus Ă©tant de plus en plus numĂ©risĂ©s, vos collaborateurs doivent-ils possĂ©der beaucoup plus de compĂ©tences quâavant?
n Je pense quâil faudrait donner beaucoup plus de moyens Ă la formation de personnel spĂ©cialisĂ©, plus prĂ©cisĂ©ment Ă la formation professionnelle et au dĂ©veloppement des programmes de bachelor. La main-dâĆuvre spĂ©cialisĂ©e profite Ă la place Ă©conomique suisse et permet aux entreprises dâĂȘtre plus compĂ©titives Ă lâinternational.
Je suis Ă©galement favorable Ă ce quâon crĂ©e en Suisse un pĂŽle dâinnovation qui rĂ©unirait diffĂ©rentes disciplines et accompagne spĂ©cialement les jeunes entrepreneurs dans la rĂ©alisation de leurs rĂȘves. Les activitĂ©s de spin-off de lâEPFL de Lausanne, qui font Ă©merger des concepts innovants et difficiles Ă imiter, sont un bon exemple Ă suivre. Les Ă©tablisseÂments comme lâETH de Zurich et lâEPFL de Lausanne sont des moteurs dâinnovation en Suisse.
Il faut comprendre Ă quel point la politique est importante pour planifier lâavenir de la Suisse. Car sans elle, impossible de faire accepter les investissements en recherche et dĂ©veloppement.
Credit Suisse, Economic Research
et Swiss Industry Research
