Publié le: 7 octobre 2016

Cyber-attaques, poser ses défenses

SĂ©curitĂ© – Dans l’étude «Facteurs de succĂšs pour PME suisses 2016», publiĂ©e par Credit Suisse, les auteurs interrogent quatre chefs d’entreprise. Sur trois questions, nous publions les rĂ©ponses de l’un d’eux, Beat Meier, CEO de Fast Recognition AG.

Beat Meier est CEO et prĂ©sident du Conseil d’administration de FAST Recognition AG. Entrepreneur chevronnĂ©, il a fondĂ© cette sociĂ©tĂ© spĂ©cialisĂ©e dans les solutions de surveillance en temps rĂ©el en janvier 2016. Il a suivi des Ă©tudes d’informatique et de gĂ©nie Ă©lectrique en Suisse et aux Etats- Unis et est titulaire d’un Master of Science. Les question ont Ă©tĂ© posĂ©es par Olivier Adler, responsable Economic Research, et Patricia Feubli, Senior Economist Swiss Industry Research.

Vous dites que dans le domaine de la transition numĂ©rique, beaucoup de choses ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© faites. Pensez-vous que le processus va continuer de s’accĂ©lĂ©rer ou qu’il va ralentir?

n Beat Meier: Je suis convaincu que la transition numĂ©rique va se faire bien plus vite que beaucoup le pensent. Par exemple, dans le milieu des services de renseignement, on observe une incroyable dynamique de numĂ©risation et de mise en rĂ©seau. Depuis le 11 septembre 2001, les choses vont encore bien plus vite dans ce domaine-lĂ  que dans l’économie.

A quel point les réseaux et le cloud sont-ils vulnérables aux pannes et au piratage?

n Il existe des mesures de sĂ©curitĂ© de base assez simples. Il ne faut pas crĂ©er de bases de donnĂ©es redondantes. Les donnĂ©es doivent ĂȘtre chiffrĂ©es pendant toute leur durĂ©e de vie. L’accĂšs doit pouvoir se faire via Intranet/VPN uniquement. Il faut veiller Ă  ce qu’aucun appareil Ă©tranger, comme des clĂ©s USB ou des disques durs, ne puisse ĂȘtre connectĂ© aux postes clients.

Par ailleurs, le systĂšme doit autoriser un audit indĂ©pendant qui examinerait tous les accĂšs aux donnĂ©es pour les attribuer aux utilisateurs. Si on y associe en outre une bonne surveillance, on dispose des moyens d’alerte qu’il faut pour «couper le courant» Ă  temps. Donc, la crainte des attaques est justifiĂ©e, mais il existe des moyens de limiter trĂšs fortement les risques. Si un intrus parvenait malgrĂ© tout Ă  accĂ©der aux donnĂ©es, celles-ci seraient en fait inexploitables, car chiffrĂ©es. Mais la sĂ©curitĂ© absolue n’existe pas.

«Si un intrus parvenait malgré tout à accéder aux données, celles-ci seraient en fait inexploitables.»

Parlons de vos employĂ©s. Les processus Ă©tant de plus en plus numĂ©risĂ©s, vos collaborateurs doivent-ils possĂ©der beaucoup plus de compĂ©tences qu’avant?

n Je pense qu’il faudrait donner beaucoup plus de moyens Ă  la formation de personnel spĂ©cialisĂ©, plus prĂ©cisĂ©ment Ă  la formation professionnelle et au dĂ©veloppement des programmes de bachelor. La main-d’Ɠuvre spĂ©cialisĂ©e profite Ă  la place Ă©conomique suisse et permet aux entreprises d’ĂȘtre plus compĂ©titives Ă  l’international.

Je suis Ă©galement favorable Ă  ce qu’on crĂ©e en Suisse un pĂŽle d’innovation qui rĂ©unirait diffĂ©rentes disciplines et accompagne spĂ©cialement les jeunes entrepreneurs dans la rĂ©alisation de leurs rĂȘves. Les activitĂ©s de spin-off de l’EPFL de Lausanne, qui font Ă©merger des concepts innovants et difficiles Ă  imiter, sont un bon exemple Ă  suivre. Les Ă©tablisse­ments comme l’ETH de Zurich et l’EPFL de Lausanne sont des moteurs d’innovation en Suisse.

Il faut comprendre Ă  quel point la politique est importante pour planifier l’avenir de la Suisse. Car sans elle, impossible de faire accepter les investissements en recherche et dĂ©veloppement.

Credit Suisse, Economic Research

et Swiss Industry Research

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