Autorégulation, la méthode suisse
CRĂ©DIT Ă LA CONSOMMATION â Pour lutter contre la publicitĂ© agressive, la branche a mis en place une Convention dâautorĂ©gulation. Explications par Robert Simmen, directeur de lâASBCEF. Les contrevenants sont avertis par Ă©crit et risquent des amendes.
Le nouvel article 36a de la loi sur le crĂ©dit Ă la consommation interdit la publicitĂ© agressive pour le crĂ©dit Ă la consommation. Il donne Ă lâindustrie du crĂ©dit Ă la consommation le pouvoir de réécrire dans un accord de droit privĂ© et de maniĂšre appropriĂ©e, ce qui est considĂ©rĂ© comme de la publicitĂ© agressive. Par consĂ©quent, lâAssociation Suisse des Banques de CrĂ©dit et Etablissements de Financement (ASBCEF) et lâAssociation Suisse des SociĂ©tĂ©s de Leasing (ASSL) et dâautres institutions actives dans ces domaines ont Ă©tabli une «Convention concernant les restrictions Ă la publicitĂ© et la prĂ©vention dans le domaine des crĂ©dits privĂ©s et des leasings de biens de consommation.»
Les intermédiaires impliqués
Une fois Ă©laborĂ©, ce texte est entrĂ© en vigueur le 1er janvier 2016. Cette convention dâautorĂ©gulation peut Ă©galement ĂȘtre appliquĂ©e aux acteurs intermĂ©diaires du crĂ©dit Ă la consommation, parce que les institutions membres de lâASBCEF doivent renoncer Ă tout lien de coopĂ©ration avec dâĂ©ventuels agents fautifs qui ne se conformeraient pas aux rĂšgles de publicitĂ© Ă©noncĂ©es dans la Convention. Une fois Ă©laborĂ©, ce texte est entrĂ© en vigueur le 1er janvier 2016. Cette convention dâautorĂ©gulation peut ĂȘtre appliquĂ©e aux acteurs intermĂ©diaires du crĂ©dit Ă la consommation, parce que les institutions membres de lâASBCEF doivent renoncer Ă tout lien de coopĂ©ration avec dâĂ©ventuels agents fautifs qui ne se conformeraient pas aux rĂšgles de publicitĂ© Ă©noncĂ©es dans la Convention.
La Convention dâautorĂ©gulation statue pour toutes les institutions affiliĂ©es et en coopĂ©rant avec ces intermĂ©diaires au sujet des principes et mĂ©canismes de publicitĂ©. La dimension contraignante permet la mise en Ćuvre de ces principes afin dâempĂȘcher dĂ©finitivement la publicitĂ© agressive des prĂȘts Ă la consommation.
Les principes appliquĂ©s en matiĂšre de publicitĂ© soutiennent que la publicitĂ© de crĂ©dit Ă la consommation chez les consommateurs ne doit pas donner lâimpression que les prĂȘts aux particuliers sont disponibles rapidement, sans procĂ©der Ă une vĂ©rification de crĂ©dit dĂ©taillĂ©e des consommateurs. Par consĂ©quence, par exemple, des expressions telles que «crĂ©dit Express», «vĂ©rification de crĂ©dit en 30 minutes», «crĂ©diter le montant du prĂȘt dans les 4 heures, etc.» sont irrecevables. La publicitĂ© ne doit pas non plus faire appel aux jeunes adultes en particulier. Ceci explique pourquoi une telle publicitĂ© ne peut ĂȘtre placĂ©e dans les salles de jeux et en gĂ©nĂ©ral dans des installations de loisirs destinĂ©es aux personnes de moins de 25 ans. De mĂȘme, la publicitĂ© de crĂ©dit est interdite dans les magazines de jeunesse.
Une telle publicitĂ© ne devrait pas procĂ©der avec des arguments qui ne tiennent pas la route dâun point de vue Ă©conomique, comme le fait dâutiliser des prĂȘts Ă la consommation Ă la seule fin de rĂ©duire des dettes dâimpĂŽts avec taux dâintĂ©rĂȘt plus bas. Interdite est Ă©galement, la publicitĂ© pour recevoir des prĂȘts Ă la consommation afin de financer des activitĂ©s de loisirs coĂ»teuses Ă court terme, comme des vacances, des fĂȘtes ou un mariage. Pris gĂ©nĂ©ralement, il faut renoncer Ă utiliser des arguments promotionnels agressifs ou des mĂ©thodes de publicitĂ© qui incitent Ă lâinfraction publique ou qui mĂšnent Ă une mĂ©comprĂ©hension de la situation rĂ©elle (par exemple, lorsque lâon distribue des coupons promotionnels avec lâimage de billets de banque).
De maniĂšre prĂ©ventive, les institutions signataires de cette Convention dâautorĂ©gulation sont Ă©galement tenues dâattirer lâattention du demandeur / de la demanderesse du prĂȘt sur les sites Internet des banques aux risques liĂ©s aux prĂȘts reçus qui peuvent survenir lors dâĂ©vĂ©nements inattendus, tels que divorce, sĂ©paration, perte dâemploi, etc.
Valoriser lâemprunt responsable
Par ailleurs, les sites Internet des institutions affiliĂ©es doivent publier les recommandations de lâASBCEF, afin de valoriser un emprunt responsable. De plus, des outils permettant le calcul du budget et les rĂ©percussions sur les coĂ»ts et les frais mensuels sont Ă©galement mis Ă disposition lors dâun crĂ©dit Ă la consommation. Afin de faire respecter la Convention, dâĂ©ventuelles violations peuvent ĂȘtre soumise Ă lâapprĂ©ciation indĂ©pendante de la Commission Suisse pour la LoyautĂ©. Dans un cas de violation de la Convention dâautorĂ©gulation lâASBCEF prononcera une peine conventionnelle jusquâĂ 100â000 francs contre le contrevenant. LâASBCEF se rĂ©serve aussi le droit de dĂ©poser une plainte chez lâautoritĂ© pĂ©nale (Article 36b de la loi fĂ©dĂ©rale sur le crĂ©dit Ă la consommation: punissement dâune amende de 100â000 francs au plus.» DĂ©but avril 2016, lâASBCEF a lancĂ© un dĂ©pistage dans les mĂ©dias pour identifier dâĂ©ventuelles violations aux rĂšgles de la Convention sur la publicitĂ©. Les contrevenants ont Ă©tĂ© avertis par Ă©crit et - si les violations ne sont pas remĂ©diĂ©es - une plainte sera dĂ©posĂ©e auprĂšs de la Commission Suisse pour la LoyautĂ©. Alors comme pour dâautres secteurs (par exemple, le tabac et la publicitĂ© pour lâalcool) lâautorĂ©gulation a Ă©tĂ© mise en Ćuvre avec succĂšs aussi pour la publicitĂ© de crĂ©dit Ă la consommation. Ce principe correspond Ă une tradition suisse Ă©prouvĂ©e.
Dr. Robert Simmen,âšavocat directeur de lâAssociation Suisse des Banques de CrĂ©dit et Etablissements de Financement (ASBCEF)
