Publié le: 10 juin 2016

Autorégulation, la méthode suisse

CRĂ©DIT Ă  LA CONSOMMATION – Pour lutter contre la publicitĂ© agressive, la branche a mis en place une Convention d’autorĂ©gulation. Explications par Robert Simmen, directeur de l’ASBCEF. Les contrevenants sont avertis par Ă©crit et risquent des amendes.

Le nouvel article 36a de la loi sur le crĂ©dit Ă  la consommation interdit la publicitĂ© agressive pour le crĂ©dit Ă  la consommation. Il donne Ă  l’industrie du crĂ©dit Ă  la consommation le pouvoir de réécrire dans un accord de droit privĂ© et de maniĂšre appropriĂ©e, ce qui est considĂ©rĂ© comme de la publicitĂ© agressive. Par consĂ©quent, l’Association Suisse des Banques de CrĂ©dit et Etablissements de Financement (ASBCEF) et l’Association Suisse des SociĂ©tĂ©s de Leasing (ASSL) et d’autres institutions actives dans ces domaines ont Ă©tabli une «Convention concernant les restrictions Ă  la publicitĂ© et la prĂ©vention dans le domaine des crĂ©dits privĂ©s et des leasings de biens de consommation.»

Les intermédiaires impliqués

Une fois Ă©laborĂ©, ce texte est entrĂ© en vigueur le 1er janvier 2016. Cette convention d’autorĂ©gulation peut Ă©galement ĂȘtre appliquĂ©e aux acteurs intermĂ©diaires du crĂ©dit Ă  la consommation, parce que les institutions membres de l’ASBCEF doivent renoncer Ă  tout lien de coopĂ©ration avec d’éventuels agents fautifs qui ne se conformeraient pas aux rĂšgles de publicitĂ© Ă©noncĂ©es dans la Convention. Une fois Ă©laborĂ©, ce texte est entrĂ© en vigueur le 1er janvier 2016. Cette convention d’autorĂ©gulation peut ĂȘtre appliquĂ©e aux acteurs intermĂ©diaires du crĂ©dit Ă  la consommation, parce que les institutions membres de l’ASBCEF doivent renoncer Ă  tout lien de coopĂ©ration avec d’éventuels agents fautifs qui ne se conformeraient pas aux rĂšgles de publicitĂ© Ă©noncĂ©es dans la Convention.

La Convention d’autorĂ©gulation statue pour toutes les institutions affiliĂ©es et en coopĂ©rant avec ces intermĂ©diaires au sujet des principes et mĂ©canismes de publicitĂ©. La dimension contraignante permet la mise en Ɠuvre de ces principes afin d’empĂȘcher dĂ©finitivement la publicitĂ© agressive des prĂȘts Ă  la consommation.

Les principes appliquĂ©s en matiĂšre de publicitĂ© soutiennent que la publicitĂ© de crĂ©dit Ă  la consommation chez les consommateurs ne doit pas donner l’impression que les prĂȘts aux particuliers sont disponibles rapidement, sans procĂ©der Ă  une vĂ©rification de crĂ©dit dĂ©taillĂ©e des consommateurs. Par consĂ©quence, par exemple, des expressions telles que «crĂ©dit Express», «vĂ©rification de crĂ©dit en 30 minutes», «crĂ©diter le montant du prĂȘt dans les 4 heures, etc.» sont irrecevables. La publicitĂ© ne doit pas non plus faire appel aux jeunes adultes en particulier. Ceci explique pourquoi une telle publicitĂ© ne peut ĂȘtre placĂ©e dans les salles de jeux et en gĂ©nĂ©ral dans des installations de loisirs destinĂ©es aux personnes de moins de 25 ans. De mĂȘme, la publicitĂ© de crĂ©dit est interdite dans les magazines de jeunesse.

Une telle publicitĂ© ne devrait pas procĂ©der avec des arguments qui ne tiennent pas la route d’un point de vue Ă©conomique, comme le fait d’utiliser des prĂȘts Ă  la consommation Ă  la seule fin de rĂ©duire des dettes d’impĂŽts avec taux d’intĂ©rĂȘt plus bas. Interdite est Ă©galement, la publicitĂ© pour recevoir des prĂȘts Ă  la consommation afin de financer des activitĂ©s de loisirs coĂ»teuses Ă  court terme, comme des vacances, des fĂȘtes ou un mariage. Pris gĂ©nĂ©ralement, il faut renoncer Ă  utiliser des arguments promotionnels agressifs ou des mĂ©thodes de publicitĂ© qui incitent Ă  l’infraction publique ou qui mĂšnent Ă  une mĂ©comprĂ©hension de la situation rĂ©elle (par exemple, lorsque l’on distribue des coupons promotionnels avec l’image de billets de banque).

De maniĂšre prĂ©ventive, les institutions signataires de cette Convention d’autorĂ©gulation sont Ă©galement tenues d’attirer l’attention du demandeur / de la demanderesse du prĂȘt sur les sites Internet des banques aux risques liĂ©s aux prĂȘts reçus qui peuvent survenir lors d’évĂ©nements inattendus, tels que divorce, sĂ©paration, perte d’emploi, etc.

Valoriser l’emprunt responsable

Par ailleurs, les sites Internet des institutions affiliĂ©es doivent publier les recommandations de l’ASBCEF, afin de valoriser un emprunt responsable. De plus, des outils permettant le calcul du budget et les rĂ©percussions sur les coĂ»ts et les frais mensuels sont Ă©galement mis Ă  disposition lors d’un crĂ©dit Ă  la consommation. Afin de faire respecter la Convention, d’éventuelles violations peuvent ĂȘtre soumise Ă  l’apprĂ©ciation indĂ©pendante de la Commission Suisse pour la LoyautĂ©. Dans un cas de violation de la Convention d’autorĂ©gulation l’ASBCEF prononcera une peine conventionnelle jusqu’à 100 000 francs contre le contrevenant. L’ASBCEF se rĂ©serve aussi le droit de dĂ©poser une plainte chez l’autoritĂ© pĂ©nale (Article 36b de la loi fĂ©dĂ©rale sur le crĂ©dit Ă  la consommation: punissement d’une amende de 100 000 francs au plus.» DĂ©but avril 2016, l’ASBCEF a lancĂ© un dĂ©pistage dans les mĂ©dias pour identifier d’éventuelles violations aux rĂšgles de la Convention sur la publicitĂ©. Les contrevenants ont Ă©tĂ© avertis par Ă©crit et - si les violations ne sont pas remĂ©diĂ©es - une plainte sera dĂ©posĂ©e auprĂšs de la Commission Suisse pour la LoyautĂ©. Alors comme pour d’autres secteurs (par exemple, le tabac et la publicitĂ© pour l’alcool) l’autorĂ©gulation a Ă©tĂ© mise en Ɠuvre avec succĂšs aussi pour la publicitĂ© de crĂ©dit Ă  la consommation. Ce principe correspond Ă  une tradition suisse Ă©prouvĂ©e.

Dr. Robert Simmen,‹avocat directeur de l’Association Suisse des Banques de CrĂ©dit et Etablissements de Financement (ASBCEF)

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