Admirés dans toute lâEurope
Ă©LECTRICIENS suisses â La formation des apprentis et lâefficacitĂ© helvĂ©tique fait recette en Europe oĂč la branche a lancĂ© une campagne de valorisation de mĂ©tiers nĂ©vralgiques pour la transition Ă©nergĂ©tique.
Cela fait 33 ans que GĂ©rard Constantin forme des apprentis Ă©lectriciens. Il sâengage Ă fond pour superviser les examens de fin dâapprentissage et sâactive Ă©galement dans toutes les questions de formation professionnelle. Il est bien connu dans son premier cercle professionnel comme en Valais, mais Ă©galement Ă Berne. Son nom est souvent citĂ© Ă lâoccasion des concours liĂ©s aux mĂ©tiers â typiquement SwissSkills â «Câest un bosseur qui sâactive en coulisse et connait ses dossiers Ă fond», relĂšve Christine Davatz, responsable de la formation professionnelle pour lâusam Ă Berne.
«GĂ©rard constantin, Câest un bosseurqui sâactive encoulisse et connaĂtses dossiersĂ fondâŠÂ»
Ce Valaisan, prĂ©sident de lâAssociation europĂ©enne des entrepreneurs Ă©lectriciens, nous a contactĂ©s rĂ©cemment pour nous parler dâune campagne qui a Ă©tĂ© lancĂ©e Ă Bruxelles et dont le but est de valoriser le mĂ©tier dâĂ©lectricien sur tout le continent. RĂ©cemment, les Ă©lectriciens europĂ©ens se sont retrouvĂ©s Ă Montreux pour Ă©changer â câĂ©tait avant la crise sanitaire â et ce fut lâoccasion de montrer les fantastiques atouts du systĂšme dual suisse, de la formation initiale et des formations supĂ©rieures Brevet (Bachelor professionnel) et MaĂtrise (Master professionnel).
Délégués estomaqués
«Les participants ont beaucoup admiré les cours interentreprises, ils ont visité le Centre de formation de Tolochenaz. Ils étaient estomaqués. Ils ont posé des questions, ils ont vu comme les jeunes étaient encadrés. De retour chez eux, ces délégués souhaitaient sensibiliser leurs élus à la méthode suisse.»
Il y a quelques annĂ©es, câest aussi suite Ă une visite en Suisse que les gens du Luxembourg ont ensuite obtenu la construction dâun centre de formation professionnel, qui fonctionne depuis deux ans. Selon GĂ©rard Constantin, ces Ă©changes gĂ©nĂšrent des prises de conscience: «En tant quâentrepreneur, nous nous devons dâĂȘtre Ă la page avec les nouvelles technologies, afin de donner Ă la clientĂšle les meilleurs conseils, explique-t-il au tĂ©lĂ©phone. Câest tout particuliĂšrement important dans la pĂ©riode de transition Ă©nergĂ©tique que nous vivons actuellement.»
«Qualifié»: ce que cela recouvre
Il faut aussi dire que lâintelligence Ă©nergĂ©tique, cela fait un bon moment que câest un sujet de discussion chez les Ă©lectriciens. «Il y a 25 ans, nous parlions dĂ©jĂ de domotique, sourit-il. Mais Ă lâĂ©poque, le client nâavait pas forcĂ©ment les moyens de sâoffrir de telles solutions. Puis, les choses ont commencĂ© Ă bouger dans les administrations oĂč les concepts dâautonomie Ă©nergĂ©tique, dâĂ©nergies vertes, de sortie du mazout ou du nuclĂ©aire, plus rĂ©cemment â ont commencĂ© Ă avoir le vent en poupe.»
«ĂȘtre Ă la page avec les technologiesvertes, afin deconseiller nos clients.»
En parallĂšles, les choses bougent chez les Ă©lectriciens europĂ©ens. «Nous estimons que les enjeux liĂ©s Ă la transition Ă©nergĂ©tique vont permettre de crĂ©er 200â000 emplois dâĂ©lectriciens qualifiĂ©s dans toute lâEurope.» Dans cette phrase, câest le mot «qualifié» qui intĂ©resse le plus GĂ©rard Constantin. Car le Suisse sait bien ce que cela recouvre, de former un apprenti qui puisse intervenir de maniĂšre compĂ©tente. Et que les diffĂ©rences que ce terme recĂšle dâun pays Ă lâautre sont importantes.
«nos apprentisdeviennent enquatre ansdes généralistesperformants.»
«A GenÚve, 70% des électriciens sont des frontaliers. La différence entre les deux filiÚres est importante. Chez nous, les apprentis formés deviennent en quatre ans des généralistes performants qui peuvent travailler dans tous les domaines, dans un hÎpital ou dans un hÎtel, dans la construction ou dans la communication, pour donner quelques exemples. En France, en revanche, la formation se limite à un secteur donné. Du coup, les équivalences sont difficiles.»
Le contre-exemple du mois
Si les formations sont diffĂ©rentes, les compĂ©tences professionnelles sâen ressentent. Le Valaisan donne lâexemple dâun jeune homme qui, formĂ© dans une Ă©cole, continuait de se comporter comme si tout se trouvait sur le mĂȘme lieu. «Lorsquâil arrivait sur le chantier, il rĂ©alisait quâil avait oubliĂ© un des outils et du matĂ©riel et quâil devait reprendre sa voiture pour aller les chercher!»
François Othenin-Girard
La parole à
Gérard Constantin
Il nous présentela campagne des électriciens européens.
«La campagne Skills4Climate (formation pour le climat) a Ă©tĂ© lancĂ©e par «EuropeOn», lâassociation europĂ©enne des entrepreneurs dâĂ©lectricitĂ©. Elle a reçu le soutien de plus de 10 associations europĂ©ennes engagĂ©es dans la transition Ă©nergĂ©tique et lâĂ©lectrification, dont certaines sont trĂšs influentes Ă Bruxelles. Notre objectif est dâalerter les pouvoirs publics sur le fait que les mĂ©tiers de lâĂ©lectricitĂ©, en particulier pour les installateurs dâĂ©lectricitĂ©, sont en train de changer radicalement. Avec la transition Ă©nergĂ©tique, ce qui est une chance pour crĂ©er plus dâemplois, et des emplois plus qualifiĂ©s, mais encore faut-il que des programmes suffisants de formation existent. Or ce nâest pas le cas aujourdâhui.»
«A titre dâexemple, nous Ă©valuons que, pour respecter les engagements europĂ©ens pour 2030 en faveur du climat, il faut installer quotidiennement en Europe: 1000 bornes de recharge de vĂ©hicules Ă©lectriques ; 3000 panneaux solaires; 15â000 pompes Ă chaleur. Câest un Ă©norme potentiel dâactivitĂ© et dâemploi, mais aujourdâhui les compĂ©tences sont insuffisantes et notre secteur, principalement composĂ© de petites entreprises, doit ĂȘtre soutenu.»
«Nous avons relancĂ© la campagne SkillsÂ4Climate le lundi 18 mai 2020. Pourquoi? Parce que toute lâEurope entre en crise et que de nombreux Etats ainsi que lâUnion europĂ©enne veulent sâengager dans une «relance verte». Nous voulons dire aux dĂ©cideurs publics quâinvestir dans des compĂ©tences vertes gĂ©nĂ©rera un cercle vertueux. En effet, plus de travailleurs qualifiĂ©s entraĂne une accĂ©lĂ©ration de la transition Ă©nergĂ©tique et donc un secteur en croissance, avec plus dâemplois, plus de chiffre dâaffaires et le respect de nos engagements climatiques.»
Gérard Constantin
